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Mamoun Rtal Bennani, Jules Rouffio

EN / 

Photographers Mamoun Rtal Bennani and Jules Rouffio will be portraying a contemporary Morocco through the dug furrows of its most dedicated labourer: The Grand Taxi.

Dubbed Khattaf El Blayess (the seat thief), its familiar silhouette fills Moroccan daily life and imagination.The distinct lines of the Mercedes-Benz decisively reconstruct the cartography of a disjointed territory.  While the color of the taxi molts, to indicate the essence of a place, its spontaneous parade binds the most diverse areas. It is Morocco that takes form, while the taxi seems to
irrigate its cells by its perpetual motion.

It is labeled Grand Taxi not only because it travels long distances, but also because it is a generous host with its seven seats. It is often the only accessible means of transportation for people living in rural, landlocked areas. From the chaotic rumbling in crowded city -centers, to long and austere roads, the Grand Taxi draws the lines of multiple landscapes, pioneering the lands. The journey in Grand Taxi  is collective; it creates connections, orchestrating a lifestyle that embraces the random and unexpected.

Practically a kitsch icon, remnant of an antiquated idea of the urban modernity, the Mercedes -Benz roams its last kilometers –, it is already patrimonial. The patina aspect of its body contrasts with the modern standards of aesthetics which aims to be neat and functional. 

The journey begins in Casablanca then goes through the snow-capped plateau in the Atlas region. It continues south-east to Merzouga, gate of the desert, then to Ouarzazate, and Taliouine, heart of the valley of saffron, before reaching Agadir.The final stage concludes along the Atlantic coast, crossing Essaouira, and the industrial area of Safi, before landing in Jorf Al Asfar where
big steel plants retrieve and transform the distressed carcasses of the taxis that drifted away against their will.

FR / 

Mamoun Rtal Bennani et Jules Rouffio sont deux photographes de reportage. Le premier est photographe de formation. Il évolue actuellement dans le milieu rural où sa principale occupation est l’agriculture. Le second a suivi une formation de géographie rurale, et au gré de ses excursions de découverte, la photographie est devenue sa passion puis sa principale occupation. C’est au croisement de ces deux mondes, du rural et de l’image que les deux photographes ont décidé de sillonner le Maroc, fascinés par sa géographie et les 240  qui redessinent ses routes.

Celui que l’on nomme Khattaf el blayess (le voleur de places), traîne sa silhouette familière dans le quotidien et l’imaginaire marocain. Les lignes affirmées de ces Mercedes-Benz recomposent résolument la cartographie d’un territoire discontinu. Alors que la couleur du taxi mue, comme pour signaler la saveur particulière d’un lieu, sa marche volontaire lie les espaces les plus divers. C’est le Maroc qui prend corps, tandis que le taxi semble en irriguer les cellules par son incessante circulation. 


On l’appelle Grand Taxi non seulement parce qu’il emprunte de longs trajets, mais aussi parce qu’avec ses sept places, c’est un hôte généreux. Il est aussi bien souvent le seul moyen de transport accessible à des populations vivant dans des territoires ruraux et urbains enclavés. Des centres-villes bondés, où il rythme un désordre codifié, il traverse aussi de longues routes austères, redessinant les lignes des multiples paysages, et arborant des allures de pionnier. Le voyage en Grand Taxi est collectif, il est l’occasion de rencontres, synthétisant ainsi un mode de vie qui étreint toujours l’aléatoire et l’inattendu. 


Icône presque kitsch, vestige d’une idée surannée de la modernité urbaine, la Mercedes-Benz arpente ses derniers kilomètres, elle est déjà patrimoniale. Sa carrosserie patinée détone avec la nouvelle esthétique d’une modernité qui se veut fonctionnelle et raccord.

Le voyage commence à Casablanca, pour rejoindre les hauts plateaux enneigés du Moyen-Atlas. Il se poursuit vers le sud-est du pays, à Merzouga, porte du désert, à Ouarzazate, puis Taliouine, le coeur de la vallée du safran, avant de rejoindre Agadir. Il longe ensuite la côte atlantique en traversant la région d’Essaouira, la ville de Safi, zone industrielle, avant d’échouer à Jorf El Asfar, où se trouvent les grandes aciéries qui récupèrent et transforment les carcasses éreintées des taxis sortis malgré eux de leurs circuits

ARTIST OF THE EXHIBITION