CURRENTLY EXHIBITION THE GAMBLERS 19 MAI 2022

WALID

ARDHAOUI

WALID

ARDHAOUI

BIOGRAPHY

EN/
Born 1978 in Kairouan, Tunisia. Lives and works in Tunis, Tunisia. The hyperrealism of Walid Ardhaoui ;s works acts as an intermediary between reality and the subconscious and allows him to transcend the boundaries of language and culture. His practice purposefully amalgamates elements of drawing, painting and photography -always in dissonance of one another- to tackle issues such as immigration, consumerism and the loss of innocence inherent to adulthood. Walid Ardhaoui graduated with a degree in Interior Design in 2006 (Higher Institute of Fine Arts, Tunisia (ISBAT)) and a Diploma of English in 2008 (Dublin School of English). Notable exhibitions include AL MAHJOUZ, El Teatro, Tunisia (2016); ISTHMUS, A Gorgi, Carthage, Tunisia (2017). Walid Ardhaoui works have also been featured in the 2017 edition of Jaou Tunis focused on the theme of “The Migrant Nation”, organised by the Kamel Lazaar Foundation, whose foundation also permanently hosts some of his works. His exhibitions include also, UNE LIGNE, UNE TRACE.., A Gorgi Gallery, Sidi Bou Saïd, Tunisia (2018). THRESHOLDS, Jeddah, KSA (2019), 1-54 Contemporary African Art Fair, London (2019) and Investec Cape Town Art fair, Cape Town, South Africa (2020).
 
Fr/

 

Né à Kairouan, Walid Ardhaoui est un passeur de temps et de lieux. En faisant passer clandestinement le spectateur d’un temps à un contretemps, d’un lieu à un non-lieu, il se crée aussi un espace de forces, de sensations mais aussi de doutes entre la toile et le regardeur. Walid est un flâneur. Après son café du matin, il arpente les rues et attend la conversation. Mais pas n’importe quelle conversation, il espère voir les mots de ceux qui ne parlent pas, de ceux pour qui on jette le regard mais ne le donne pas. Ceux qui sont à la marge, les laisser pour compte, les sur le bord, tous ceux qui sont dans l’autre ville, de l’autre côté du rétroviseur… Ceux qu’on dit « de la rue », qu’on voit mais qu’on ne regarde jamais. Sans tomber dans le misérabilisme, c’est avec une sensibilité toute particulière que sont soulevées les questions les plus vives de nos sociétés ; le phénomène migratoire, la misère sociale, l’attente d’un départ, le voeu pudique d’un salut plus grand et plus juste et l’écume de rêves avortés. En sautant du rêve à la rêverie, du tendre imaginaire de l’enfant à l’enfant qui a grandi trop vite et compris trop de choses, on affronte les toiles de Walid… car oui elles s’affrontent. Non sans un certain embarras lorsqu’on croise des regards qui forcent à la proximité. Aussi, y’a-t-il un arrière-plan, où sont dessinées au crayon des fusées, des maisons, des figures du répertoire de l’enfant. Mais est-ce bien un arrière-plan ou un arrière monde ? Plus proche, se dressent des scènes encastrées dans le paysage de l’enfance. Des scènes de l’urbain « ordinaire », des figures de la Ville, de l’Histoire et de la rue. Ce sont des clichés volés rendus dans une précision photographique et dans un hyperréalisme vitaliste, immersif qui vient assécher le rêve. Dans des tons vivaces, et dans un vrai souci du détail, le trait fin et léger, Walid se joue des dimensions pour faire brèche, créer un trou, un passage dans le temps. Cette ruse de la structure de la toile fédère alors un chaos où le mouvement immobile des scènes se déploie sous nos yeux. Le regardeur échoue deux fois. Il échoue à lire une toile qui rend visible mais ne décrit rien. Et il échoue à tenter de ne pas en devenir acteur. —Aïda Omary, Critique d’art

 

BIOGRAPHY

EN/
 Born in Kairouan, Walid Ardhaoui moves through time and place. A sort of smuggler, moving the viewer from the welcome to the unwelcome, from a place to a non-place, as he creates a space of forces, sensations, and doubts between the canvas and the viewer. Walid goes for walks. After his morning coffee, he strolls through the streets and waits for conversation. But not just any kind of conversation, he hopes to see the words of people who don’t speak, people we might notice but never really see. The ones who are pushed to the margins, in the other city, on the other side of the rear-view mirror…The “street” people, we cross their paths but never stop to look at them. With acute sensitivity, and without a trace of miserabilism, the artist evokes the most urgent questions of our societies: the phenomenon of migration, social destitution, the (im)possibility of departure, the modest hope of a greater and more just salvation, and the residue of broken dreams. Leaping from dream to daydream, from the tender imagination of a child to one who was grown up too fast and understood too many things, we confront Walid’s paintings…because yes, it is a confrontation. At times awkward, as different points of view are forced into proximity. There is also a background, where rockets, houses, and characters from a child’s repertory are sketched in pencil. Il it a background, though, or rather a back-world? On closer view, we discover scenes set into the landscape of childhood. Scenes of the urban “ordinary”, characters from the city, from history, and from the street. Stolen images rendered with photographic precision in a vitalist and immersive hyperrealism, which turns dream to dust. With vivid tones, fine lines, and a high degree of detail, Walid plays with dimensions to make a breach, creating a gap, a path through time. This ruse of the painting’s structure unites a chaos in which the immobile motion of scenes unfolds before our eyes. The viewer fails twice. Failing to read a canvas that makes things visible but describes nothing. And failing in any attempt to not become part of the story. —Written by Aïda Omary and translated by Kristi Jones.
 
 
 
FR/

  Né à Kairouan, Walid Ardhaoui est un passeur de temps et de lieux. En faisant passer clandestinement le spectateur d’un temps à un contretemps, d’un lieu à un non-lieu, il se crée aussi un espace de forces, de sensations mais aussi de doutes entre la toile et le regardeur. Walid est un flâneur. Après son café du matin, il arpente les rues et attend la conversation. Mais pas n’importe quelle conversation, il espère voir les mots de ceux qui ne parlent pas, de ceux pour qui on jette le regard mais ne le donne pas. Ceux qui sont à la marge, les laisser pour compte, les sur le bord, tous ceux qui sont dans l’autre ville, de l’autre côté du rétroviseur… Ceux qu’on dit « de la rue », qu’on voit mais qu’on ne regarde jamais. Sans tomber dans le misérabilisme, c’est avec une sensibilité toute particulière que sont soulevées les questions les plus vives de nos sociétés ; le phénomène migratoire, la misère sociale, l’attente d’un départ, le voeu pudique d’un salut plus grand et plus juste et l’écume de rêves avortés. En sautant du rêve à la rêverie, du tendre imaginaire de l’enfant à l’enfant qui a grandi trop vite et compris trop de choses, on affronte les toiles de Walid… car oui elles s’affrontent. Non sans un certain embarras lorsqu’on croise des regards qui forcent à la proximité. Aussi, y’a-t-il un arrière-plan, où sont dessinées au crayon des fusées, des maisons, des figures du répertoire de l’enfant. Mais est-ce bien un arrière-plan ou un arrière monde ? Plus proche, se dressent des scènes encastrées dans le paysage de l’enfance. Des scènes de l’urbain « ordinaire », des figures de la Ville, de l’Histoire et de la rue. Ce sont des clichés volés rendus dans une précision photographique et dans un hyperréalisme vitaliste, immersif qui vient assécher le rêve. Dans des tons vivaces, et dans un vrai souci du détail, le trait fin et léger, Walid se joue des dimensions pour faire brèche, créer un trou, un passage dans le temps. Cette ruse de la structure de la toile fédère alors un chaos où le mouvement immobile des scènes se déploie sous nos yeux. Le regardeur échoue deux fois. Il échoue à lire une toile qui rend visible mais ne décrit rien. Et il échoue à tenter de ne pas en devenir acteur. —Aïda Omary, Critique d’art